dimanche 5 juillet 2015

Éviction de Rodolphe Belmer de Canal+ : la société des réalisateurs de films "consternée"

MÉDIAS - La société des réalisateurs de films (SRF) a fait part, dimanche, de sa "consternation" après la mise sur la touche du numéro 2 de Canal+, Rodolphe Belmer, évincé par le patron de Vivendi, propriétaire de la chaîne cryptée, Vincent Bolloré.

"Nous avons appris avec consternation l'éviction de Rodolphe Belmer de la direction générale du groupe Canal+", a indiqué dans un communiqué la SRF qui compte notamment dans ses rangs les cinéastes Laurent Cantet, Pascale Ferran ou encore Cédric Klapisch.

Selon la SRF, Rodolphe Belmer a été "le garant de la diversité du cinéma français". "Durant de nombreuses années, il était parvenu à renforcer la solidité du groupe sans sacrifier à la liberté de création", a estimé la SRF.

Inquiétudes

"Son départ nous attriste autant qu'il nous inquiète", poursuit le communiqué des cinéastes. "Nous redoutons qu'aveuglée par les seules lois du profit et du commerce, l'équipe de Vincent Bolloré mette à mal ce qui a toujours été l'ADN de la chaîne et qui en a fait son succès: l'indépendance d'esprit, la liberté d'expression, le refus de se soumettre aux diktats des pouvoirs en place, la diversité du cinéma qu'elle soutient", souligne le texte.

Les cinéastes regroupés au sein de la SRF ont indiqué qu'ils seront "plus que vigilants quant aux orientations futures de Canal+, qui s'est historiquement construite main dans la main avec le cinéma". "Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour que l'esprit et l'exigence de la chaîne ne soient pas altérés par la toute puissance d'un seul", ont-ils affirmé.

Le patron de Vivendi a promis vendredi de maintenir "Les Guignols" à l'antenne, mais a remercié Rodolphe Belmer, un geste interprété comme une reprise en main de la chaîne cryptée. Agé de 42 ans, Rodolphe Belmer était le directeur général de Canal+ depuis 2012. Il a été remplacé par son adjoint Maxime Saada.

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VIDÉO. Un bébé dérive à un kilomètre de la plage avant d'être secouru par des garde-côtes en Turquie

FAIT DIVERS - Cette sortie à la plage aurait pu connaître une conclusion dramatique sans l'intervention in extremis des garde-côtes.

Pour s'installer tranquillement et profiter du soleil, des vacanciers ont d'abord posé leur fille dans un couffin gonflable au bord de l'eau avant de déballer leurs affaires et étaler les serviettes sur le sable, rapporte l'agence de presse locale Anadolu.

Sans qu'il ne s'en aperçoivent, des vents forts ont cependant rapidement fait dériver l'enfant et l'ont amenée à environ kilomètre au large de la plage. Plusieurs personnes ont alors alertés les parents de la situation et ont même tenté de récupérer la petite Melda Ilgin, mais en vain.

La fillette de 10 mois a finalement été récupérée par les garde-côtes dans une intervention filmée et mise en ligne début juillet (voir la vidéo en tête d'article).

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VIDÉO. Un chaton et une chouette deviennent les meilleurs amis du monde au Japon

INSOLITE - C'est un vrai conte japonais, dont l'action se tient dans la ville d'Osaka, sur l'archipel nippon. Un petit chaton nommé Marimo est devenu le meilleur ami d'une jeune... chouette appelée Fuku-Chan.

L'histoire, relatée par le Telegraph est parfaitement contre-nature mais tellement touchante. Dans la vidéo, que vous pouvez voir au-dessus, on peut assister aux séances de toilettage mutuel des deux compères.

Marimo et Fuku-Chan sont les sympathiques "locataires" du Hukulou Coffee, un petit café de la ville. A l'origine, Fuku-Chan était seule. Mais devant sa tristesse face à la solitude, les propriétaires de l'établissement ont décidé de lui offrir un compagnon. Un chat, donc.

Et, aussi incroyable que cela puisse paraître, la relation fonctionne. Le jeune volatile de 5 ans revit et semble prendre plaisir à jouer avec son ami félin. Est-ce que cette relation, quasi parfaite, peut durer ? Pas sûr: chassez le naturel... Mais pour l'instant, tout se passe à merveille. Alors...

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La canicule touchera à sa fin lundi au plus tôt, encore 26 départements en vigilance orange

MÉTÉO - L'épisode caniculaire précoce se poursuivra dimanche, avec 26 départements maintenues en vigilance orange notamment en Alsace, Auvergne, France-Comté, Rhône-Alpes et dans le Sud-Ouest, tandis qu'orages et fraîcheur affecteront l'Ouest et le Nord-Ouest, selon Météo-France.

Dans son bulletin météo de 06H00, Météo France précise que "ce matin, c'est sur la Lorraine, l'Alsace et la région lyonnaise que les températures sont les plus élevées avec des valeurs se situant généralement entre 20 et 23 degrés".

Le maintien du suivi concerne les départements d'Alsace, Auvergne, Franche-Comté, Rhone-Alpes ainsi que la Corrèze, La Côte d'Or, la Meurthe-et-Moselle, la Moselle, la Saône-et-Loire, le Tarn, le Tarn-et-Garonne et les Vosges.

canicule fin

La fin de l’événement caniculaire est prévu "au plus tôt le lundi 06 juillet 2015 à 21h00", ajoute Météo France.

L'agence météorologique prévoit que ce dimanche, "pour les départements maintenus en vigilance canicule, les températures maximales seront encore élevées et se situeront entre 35 et 39 degrés". "Comme la veille, par place, notamment en Alsace et dans la région lyonnaise, les températures maximales vont flirter avec les records", précise Météo France.

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PHOTOS. Chaussures d'été: ce qu'il ne faut surtout pas porter sous peine de graves problèmes

En Grèce, la crise et le référendum provoquent une ruée sur l'alimentation de base, l'essence et les médicaments

GRÈCE - Fini le superflu. Sept jours après le début du contrôle des capitaux, les Grecs ne dépensent plus que pour le nécessaire dans les magasins: nourriture, essence ou médicaments, sur lesquels ils se ruent de peur de manquer.

Des rayons entiers vidés de leurs produits. Papier toilette, pâtes, légumes secs, lait concentré... Tout a disparu. Dans un supermarché de la banlieue aisée d'Athènes, à Glyfada, certains riverains semblent avoir paniqué, se précipitant sur les produits de première nécessité, a constaté un photographe de l'AFP.

Autant de signes d'une angoisse latente, au moment du référendum sur la série de mesures d'austérité soumises à la Grèce par l'Union européenne et le FMI en échange de la prolongation de leur aide financière.

Et avec les limitations de retraits bancaires à 60 euros par jour et par personne, imposées par le gouvernement pour empêcher l'effondrement des banques, les Grecs concentrent leurs dépenses sur l'essentiel, dans de nombreux petits commerces qui refusent les cartes de crédit.




Dans un supermarché du quartier de Pangrati, en revanche, les clients profitent de la possibilité de payer par carte pour faire des provisions. Un des clients, Alexandros Kakavas, observe que les comportements ont changé: "Je suis venu deux fois ce matin et il y avait plein de gens faisant leurs achats, en particulier du riz, des pâtes, des choses qu'ils peuvent garder longtemps"

"Je crois que ça va être encore plus grave si les banques ne rouvrent pas, et elles ne vont pas rouvrir très bientôt", craint Alexandros Kakavas, pas convaincu que le contrôle des capitaux soit levé mardi, comme prévu. Les rayons restaient cependant bien approvisionnés, à l'exception du lait concentré, du café et du sucre, pris d'assaut par les clients.

"Tout le monde essaye de réduire ses dépenses" hors produits de première nécessité, explique Manos. "Les gens réduisent les sorties, les apéros, les vacances, mais la vie quotidienne, acheter de la nourriture ou de l'essence pour sa voiture, c'est quelque chose qu'on ne peut pas arrêter"

"Nous achetons uniquement de la nourriture, juste de la nourriture, rien d'autre, seulement ce qui est nécessaire pour nos foyers", témoigne Marilena, employée d'un magasin de jouets du centre d'Athènes, qui voit moins de clients ces temps-ci. Avec le début de l'été, certains ont aussi fui la capitale et d'autres ont rejoint leur région d'origine pour aller voter dimanche.




"Les quatre dernières années ont été très difficiles pour la plupart des gens. Nous avons appris à vivre avec moins d'argent, nous nous adaptons bien sûr mais nous ne pouvons pas aller plus loin", prévient-elle.

Dans un pays qui repose beaucoup, et plus que d'autres, sur le "cash", l'argent liquide dort ces jours-ci dans les poches et les tiroirs. "Il n'y a pas de billets en circulation", déplore Theodor Veletzas, chauffeur de taxi, qui manque de clients.

Un commerce, en revanche, a vu sa fréquentation augmenter: la pharmacie de Yannis Triantaphilou, dans le centre d'Athènes: "Les gens se préoccupent d'avoir quelque chose à manger et d'avoir leurs médicaments donc il y a eu une augmentation des clients dans la pharmacie". Aspirine, antidouleurs, pilules contre la pression artérielle... "Ils achètent des médicament au cas où".


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Immobilier à Paris : l'arsenal renforcé de la commune pour préempter

IMMOBILIER - Dans un contexte où le mécanisme d'encadrement des loyers des logements instauré par la loi ALUR devrait, selon le communiqué de presse du cabinet de la Ministre Sylvia Pinel du 12 juin, entrer en vigueur le 1er août prochain, il y a lieu de faire le constat que la commune dispose aujourd'hui d'un arsenal de plus en plus large pour préempter les biens immobiliers loués ou libres de toute location.

Le droit de préemption est une procédure permettant à une personne publique d'acquérir en priorité, dans certaines zones préalablement définies par elle, un bien immobilier mis en vente par une personne (particulier ou entreprise) dans le but de réaliser des opérations d'aménagement.

Si l'aliénation d'un seul local à usage d'habitation ou professionnel ou mixte situé dans un immeuble soumis au régime de la copropriété depuis plus de dix ans est exemptée de droit de préemption (article L 211-4 du Code de l'urbanisme), la commune peut en revanche décider exceptionnellement et par une délibération motivée, d'appliquer le droit de préemption urbain à un tel local (on parle alors de droit de préemption renforcé). C'est dans ce cadre que par une délibération des 15/16/17 décembre 2014, le Conseil de Paris a, au motif de "développer le logement social dans le diffus", institué sur plus de 250 immeubles de copropriété à Paris un droit de préemption urbain renforcé. Ce dispositif permettra à la Ville de Paris de préempter tout logement qui serait aliéné dans un de ces immeubles situés essentiellement dans les IIe, Xe, XIe, XVe, XVIIe et XVIIIe arrondissements.

Par ailleurs, la loi ALUR du 24 mars 2014 a instauré, "pour assurer le maintien dans les lieux des locataires", un nouveau droit de préemption au profit de la commune qui suit un régime propre (article 10 de la loi n° 75-1351 du 31 décembre 1975) dans l'hypothèse de la vente d'un ou plusieurs lots d'un immeuble d'habitation ou à usage mixte (habitation et professionnel) consécutive à sa division en lots. En effet, lors de la première vente par lots suivant la mise en copropriété d'un immeuble, le propriétaire-bailleur est tenu de proposer au locataire d'acquérir le local qu'il occupe aux prix et conditions de la vente projetée. C'est dans le cas où le locataire n'entend pas acquérir le local qu'il occupe que la loi ALUR a prévu que le propriétaire-bailleur communique "sans délai" au maire de la commune le prix et les conditions de la vente de l'ensemble des locaux pour lesquels il n'y a pas eu acceptation de ces offres de vente par les locataires.

Si, jusqu'à présent, la politique d'acquisition de la Ville de Paris était la préemption d'immeubles entiers (188 immeubles ont ainsi été acquis par exercice du droit de préemption urbain par la Ville de Paris entre 2008 et 2013), il faut s'attendre, eu égard à ces modifications législatives, à ce que la Ville de Paris préempte de plus en plus des logements isolés soumis au régime de la copropriété.

Il y a enfin lieu de noter que le législateur a, aux termes de la loi ALUR, consenti aux communes un assouplissement dans l'utilisation qu'elles doivent faire de l'objet préempté, la règle suivante toutefois demeurant: si la commune décide dans les cinq ans de la préemption de ne pas utiliser le bien préempté pour l'utilisation convenue, la commune doit proposer à l'ancien propriétaire de racheter le bien préempté. Aujourd'hui, la commune peut utiliser le bien préempté pour un objet différent de celui mentionné dans la décision de préemption (dans la limite de ce que les droits de préemption doivent être exercés en vue de la réalisation, dans l'intérêt général, des actions ou opérations mentionnées à l'article L 300-1 du Code de l'urbanisme). Cela rendra nécessairement plus difficile l'exercice par l'ancien propriétaire de son droit à rétrocession dans le cas où la commune déciderait d'utiliser ou d'aliéner à d'autres fins le bien acquis par préemption depuis moins de cinq ans. En tout état de cause, on déplorera que le texte modifié par la loi ALUR ne prévoit toujours pas un droit de rétrocession au profit de l'ancien propriétaire dans le cas où la commune ne met pas à exécution le projet d'intérêt général pour le bien préempté.

Les changements législatifs récents devraient donc avoir des conséquences non négligeables sur la politique d'achat de biens immobiliers à usage d'habitation ou mixte de la Ville de Paris. A observer donc, grâce notamment à la publicité des décisions de préemption rendue obligatoire depuis peu.

2014-01-20-image001.jpgLe Club des juristes, créé en 2007, est le premier think-tank juridique français. Il a vocation à promouvoir la place du droit dans le débat public. Le Club des juristes fait entendre sa voix à travers les travaux de ses commissions et l'organisation de nombreux événements thématiques (Nuit de l'Eloquence, Prix Olivier Debouzy, Salon du Livre Juridique...).


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Festivals d'été 2015: des fabriques de culture à ciel ouvert

CULTURE - Avignon, Aix, Reims, Vieilles charrues, Hellfest... Plus que jamais, les festivals d'été restent les fabriques -souvent à ciel ouvert- d'une réinvention de l'expérience culturelle, hybridant les formats, les lieux et les genres, voire les écrans, pour séduire de nouveaux publics et nourrir le mieux vivre ensemble.

Malgré un contexte assombri par l'émergence d'une 'cartocrise' culturelle (comptabilisant évènements annulés et institutions fermées) suffisamment préoccupante pour justifier le lancement d'un 'diagnostic' confié par la ministre de la culture à Pierre Cohen, la créativité artistique, sociale et technologique des festivals appelle de nouvelles raisons d'espérer.

Des réponses au désordre du monde. Véritable creuset d'innovations éditoriales, les programmations festivalières assument les tensions parfois extrêmes de leur temps (liberté d'expression, radicalisation, mondialisation...) et les enjeux sur la diversité culturelle (émergence de nouvelles générations de créateurs et de publics...). Ces ambitions responsables sont au cœur de nombreuses directions artistiques engagées tant au niveau esthétique que social comme celle d'Olivier Py au Festival d'Avignon, de Bernard Foccroule à Aix en Provence, de Bruno Messina (Festival Berlioz à la Cote Saint André, Isère) ou d'Olivier Delsalle en Ile de France. Leur offre polymorphe, plastique et tactique multiplie les propositions créatives -souvent hybrides en genres, disciplines et formats- pour répondre ou nourrir les désirs parfois chaotiques d'un public de plus en plus divers.
Les initiatives - impliquant tout le tissu local- rayonnent bien au-delà des manifestations internationales qu'ils dirigent. Que ce soit, le projet 'Le monstre du Labyrinthe', opéra et démarche pédagogique menée par Simon Rattle réunissant plus 300 choristes amateurs de la région PACA, l'orchestre des jeunes de la méditerranée, le London Symphony Orchestra au Festival d'Aix en Provence, les 8 et 9 juillet, ou celui du Te Deum de Berlioz dirigé par Nicolas Simon et Eric Villevière avec près de 1 000 participants dont 600 petits chanteurs de l'Isère et de la région, au Grand Théâtre de Vienne, le 21 août... Comme autant de dynamiques fédératrices populaires dont les formes varient à l'infini : depuis la traditionnelle mobilisation indispensable de milliers de bénévoles... à l' intégration d'une centaine de travailleurs en insertion sociale au festival de Saint-Riquier ou des sans-papiers dans le « in » du festival d'Avignon...

L'attractivité de l'offre festivalière se travaille aussi au niveau économique. « D'autant qu'aujourd'hui, la concurrence entre festivals est européenne. Il y en a 4 000 en Europe cet été ! rappelle Jo Bernard, directeur de la Fête du bruit à Landerneau (Finistère) cité par Ouest France. Et donc, en premier lieu, par une créativité dans les tarifs : gratuité fréquente ou un maximum de 20€ pour un concert du Festival des Flâneries de Reims, des systèmes d'abonnement comme la carte " Musique Ouvre - toi !" du Festival 1001 Notes, un tarif 'Découverte enfant' (une place gratuite pour une adulte achetée) ou 'moins de 30 ans' (15€ l'opéra) pour tous les spectacles d'Aix en Provence ou voire une participation libre (Festival Vie Sauvage qui innove aussi avec ses 'siestes électroniques'. La créativité est aussi pour le public jeune et familial avec par exemple les concerts « Petits Flâneurs » des Flâneries musicales de Reims, les concerts 'dessinés sur le sable' au Festival de la Vézère, les visites théâtralisées du Festival de Saintes, les animations quotidiennes 'à la carte' à Vezelay sans parler de l'engouement pour les Ciné-concerts un peu partout en France.

Cette réinvention s'appuie sur le numérique et des services connectés. Que ce soit pour faciliter l'accès : Les Vieilles Charrues utilisent cette année la technologie du paiement sans contact, l'hébergement : le Hellfest propose une application permettant de rapprocher les chambres disponibles des habitants de proximité pour les festivaliers, ou encore la sécurité avec le scan facial testé au Festival Downloading au Royaume-Uni. Enfin , le relais de croissance que représente le spectacle en ligne n'est plus à négliger (alors que le nombre de spectateurs de concerts diffusés en direct en ligne a augmenté de 40% au niveau mondial entre 2012 et 2013 : « bénéfices non seulement économiques mais également culturels et sociaux qui pourraient découler d'une offre riche et diversifiée de spectacles en ligne » insiste le rapport 'Spectacles en ligne : une nouvelle scène ? Décryptage et leviers de croissance' du cabinet Idate missionné par le Prodiss. Encore faut-il que les producteurs s'adaptent à l'écran : captation et gestion des droits et prennent conscience du potentiel (et des risques en termes de droit d'auteur). L'étude souligne qu'ils en sont encore loin, avec un chiffre : 95% des vidéos live postées sur Youtube le sont par des comptes non officiels et seulement 1% par des comptes officiels...

Le festival reste une unique et puissante fabrique culturelle de citoyenneté pour forger, renouveler ou projeter les façons d'appréhender la culture, de l'apprivoiser et d'en dessiner de nouveaux contours, fédérateurs et festifs, creusets de réflexion et de perspectives. Il doit rester cette cause locale et nationale qui nourrit le ' vivre et devenir' ensemble de nos territoires.

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Fin de la gastronomie ?

ALIMENTATION - Oui et non... Le XXIe siècle culinaire dit tout et son contraire. Le chaud et le froid, le salé et le sucré, le doux et l'amer, la déprime et l'enthousiasme... C'est la cuisine des contrastes. Irritant et passionnant.

OUI, la gastronomie en a pris un sacré coup sur l'assiette. Elle ne nous fait plus vibrer, elle est barbante, conceptuelle, murmure sous cloches, ne sait plus où elle habite. Elle n'est plus réservée aux riches, mais à des hyper fortunés, si jeunes parfois qu'on doit leur mixer le caviar et leur servir la Romanée Conti à la paille. Quel diable la possède, quelles finances la métamorphosent? Sors de ce corps, Alien à tête de homard!

...Un peu de restauration-fiction?

Demain, on dira:

Gloire aux soldats de la gastronomie tombés au champ d'honneur pour cause de menus ciselés et illisibles et d'additions hors sujet.

Qui avoue avoir réservé dans un "gastro" -mot délicat!- et avoir pris du plaisir avec un menu à plus de 100 euros devra s'excuser en place publique.

Les cuisiniers-artistes encore en liberté seront ramenés à la frontière. Et d'abord expulsés de leurs cuisines. Ceux qui ne présenteront pas, lors d'un contrôle, carte "bistrot" tricolore en cours de validité et laissez-passer signé de Paul Bocuse -comme on le sait, éternel- devront fermer boutique.

Toute référence à une formation auprès d'un grand chef français ou, pire, étranger, sera interdite. À contrario, il sera recommandé d'indiquer sur sa carte "comme le cuisinait ma maman" (ou ma mémé).


Bistronomie et locavores

Pendant ce temps, le mangeur lambda a des distractions...

Ainsi la bistronomie, ce hochet pour classes moyennes, censée régaler petits et grands, bobos, post ados, vrais seniors. L'assiette est forcément familière et du jarret de veau à la pomme au four, les recettes sont de vieilles connaissances. Le décor vous fait le coup du "com'chez soi" et à la carte, on subit l'humeur bistronomique du patron, souvent aussi aimable qu'un chauffeur de taxi en croisade anti Uber.

Et puis, il y a la "furia locavore". Il paraît qu'on le devient tous, héritiers improbables du consommateur et du cuisinier qui trouvaient autrefois leur bonheur chez le paysan du coin. Eux, "locavoraient" sans le savoir et sans en faire tout un plat! Faut-il alors se croire au paradis, au prétexte que l'agneau a brouté dans le champ voisin, que l'abeille a butiné sur la lavande du balcon et que l'addition n'excède pas vingt euros?

À l'étage suivant, on "revisite"! C'est toujours de la restauration, pas de l'immobilier. Avec un peu de chance, on trouve des chefs habiles pour repeindre la recette originelle. Sinon, c'est la double peine: le pensum d'avant plus la pâle copie d'aujourd'hui. Fait-on avancer la cause culinaire en pratiquant à outrance le "re-goûtez-moi çà!" relooké vintage? À quoi bon "revisiter" ou "rééditer" à tout-va, langoustine ou risotto, cabillaud, onglet, brouillade, tiramisu? Ce n'est plus de la gastronomie, c'est la nuit au musée en compagnie de Bécassine.

Conclusion provisoire: les périodes de tensions économique et sociale attisent peurs et replis. Un vent de protectionnisme -on dit "retour aux vraies valeurs"- souffle sur la restauration. L'éloge de la création devient inaudible. L'audacieux d'hier passe pour un imposteur. On est pris en tenaille entre gastronomie "d'en haut", ciselée pour évadés fiscaux et extra-terrestres, et cuisines "d'en bas", bidouillées pour résigner de la fourchette.

Mais, retouchons le trait...

NON, la gastronomie n'est pas moribonde, elle est en mu-ta-tion.

Prenons l'exemple de la Provence-Côte d'Azur, qui n'est pas toujours le poste avancé de la food révolution. Comme un peu partout en France, on y croise d'étranges aventuriers qui croient au pouvoir d'émotion et à la pureté du produit (à La Turbie, Bruno Cirino est unn exemple majeur), imaginent des recettes nouvelles, réjouissent par leur envie et leurs insolences. Des clients en nombre respectable prennent même chez eux du plaisir, prononcent sans crainte le mot gastronomie et trouvent incongru de parler addition ! La vitalité sudiste est réelle, qu'elle soit cuisine de rassemblement ou de rupture. Sur ces terres de soleil çà bouge comme dans un film d'action. Il y a les talents éruptifs - Jean-Luc Rabanel en Arles, Alexandre Mazzia à Marseille, Christophe Dufau à Vence, Mauro Colagreco à Menton... Les expérimentés en pleine ascension, Christophe Bacquié au Castellet, Dimitri Droisneau à Cassis, Jérôme Roy à Mane, Ronan Kervarrec à Eze-Village... Dans le même temps, de jeunes cuisiniers s'expriment en solo, avec peu de moyens, héros de quartiers encore fragiles mais prêts à prendre la relève.

On allait brûler la bistronomie? Oui, la fausse monnaie, pas les bistrots de leur temps, les jeunes tables, les chefs qui relèvent un défi, réveillent une adresse ancienne, éclairent une place, une rue, un bord de mer. On encourage au contraire qui redécouvre un produit, défend le paysan vertueux, transmet une saveur oubliée et le goût authentique. On défend qui cuisine vrai et facture sans fureur. Vive les rêves de comptoir et la "bonne cuisine", socle de toute restauration. Un plat chemine, même malmené, un goût interpelle et la gastronomie commence ici. Elle s'ébroue, balbutie, accélère, deviendra cuisine d'auteur ou d'atelier. Demain, à quel moment, on l'ignore, elle captera plus de lumière et gagnera le large.

C'est tout le passionnant et le paradoxal de l'époque, avec ses percées fulgurantes, ses ouvertures et ses réactions-régressions.

On ne doit pas redouter ces changements, ni la prise de pouvoir par une génération réactive et connectée, incarnée notamment par un "fooding" en alerte maximum. Qu'importe de faire le buzz si l'assiette est bonne et les idées en place. On n'est pas très follower d'une cuisine qui se twitte mais s'il y a du sérieux, du sain et du naturel -le "foraging" dont les Anglo-saxons raffolent- des goûts qui claquent, on like... Que cela se manifeste par des mobilisations médias et cocoricos inter-continents (le succès de Goût de France/Good France, 1300 dîners à la française servis dans 150 pays par des chefs à 85% étrangers) ou s'exprime à des tables modestes, l'important est le mouvement et l'ouverture.

Alors, fin de la gastronomie? Oui, si elle est guindée, résignée et se parodie. Non, du moment qu'elle anticipe, se réinvente et montre le chemin.

Extrait de l'éditorial du "Guide Gantié" 2015.


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Cinq pistes pour économiser sur votre assurance multirisques habitation

ÉCONOMIE - Vous comptez déménager ou allez changer de contrat d'assurance multirisque habitation pour réaliser des économies. Marche à suivre.

1. Comparez les tarifs sur Internet

Premier réflexe: faites des simulations sur les comparateurs et les sites de courtage en ligne. Vous obtiendrez en quelques clics plusieurs offres correspondant à votre profil et comparerez les garanties pour choisir le contrat offrant le meilleur rapport qualité/prix. Vous pouvez ainsi économiser jusqu'à 50% par rapport à un assureur traditionnel.

2. Précisez la valeur de vos biens et la franchise

Le tarif de votre assurance habitation sera plus élevé si la valeur du mobilier assuré est forte. Si vous avez des meubles anciens, des objets de collection ou du mobilier design, assurez un capital important. En revanche, si vous habitez dans des meubles en kit, et en avez récupéré d'autres dans des brocantes, diminuez la valeur du capital assuré.

De la même façon, en choisissant une indemnisation à la valeur d'usage, et non à la valeur à neuf, votre prime diminuera. Attention, si tous vos meubles brûlent dans un incendie, votre assureur vous remboursera un capital minime pour les remplacer.

Dernier point: ajustez la franchise de votre contrat, somme qui reste à votre charge après un sinistre. Plus son montant est élevé, de l'ordre de 100 à 200 euros pour une franchise moyenne, plus celui de votre prime sera bas.

3. Choisissez la bonne protection

Certaines garanties obligatoires sont intégrées dans tous les contrats. C'est le cas de la responsabilité civile, la protection incendie, les dégâts des eaux... D'autres sont optionnelles, comme le vol ou le vandalisme. Si vous n'avez pas d'objets de grande valeur, vous pouvez donc limiter les secondes pour faire des économies.

Examinez aussi toutes les options proposées et éliminez celles qui vous seront inutiles. Comme l'option relogement en cas de sinistre qui ne vous servira jamais si des proches peuvent vous héberger en cas de souci grave dans votre logement.

4. Faites le point régulièrement

Les assureurs récompensent rarement les clients fidèles. Vous devez donc mettre en concurrence votre contrat d'assurance tous les deux ans, en vérifiant que les garanties proposées correspondent toujours à votre profil. Mais aussi qu'il n'existe pas un nouveau contrat offrant la même protection à moindre coût. Si c'est le cas, changez d'assureur pour faire des économies.



Vous pouvez payer votre prime d'assurance pour une année ou par mois. En optant pour une prime unique, vous économiserez entre 5 et 10% par rapport au tarif mensuel. Bon à savoir: certains assureurs prélèvement des frais supplémentaires si vous réglez par chèque. Privilégiez donc le règlement par prélèvement, virement ou carte bancaire.

D'autres conseils pour économiser sur vos assurances en cliquant ici

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• Résiliation assurance: la loi Hamon en 5 questions

• Faire des économies avec une assurance de prêt hors banque: mode d'emploi

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Référendum en Grèce : Les Français ont une mauvaise opinion d'Alexis Tsipras mais pensent qu'il a raison

GRÈCE - Cinquante et un pour cent des Français ont une mauvaise opinion du premier ministre grec Alexis Tsipras mais ils sont 58% à penser qu'il a raison de s'opposer à l'Union européenne sur la dette grecque, selon un sondage Odoxa publié par Le Parisien/Aujourd'hui en France dimanche 5 juillet, jour d'un référendum crucial en Grèce.

51% des personnes interrogées ont "une mauvaise" opinion de Tsipras, 48% ont un avis opposé et 1% sans opinion, selon le sondage. Les sympathisants de gauche sont 64% à apprécier le dirigeant de Syriza, contre 35% qui ne l'apprécient pas, tandis que ceux de droite sont 62% à avoir une mauvaise opinion de lui (contre 37%).

A la question de savoir si Tsipras "a raison ou tort de mener un bras de fer avec l'Union européenne", 58% de sondés lui donnent raison contre 41% qui le désapprouvent. Quant à la personnalité du Premier ministre grec, 72% des Français pensent qu'il a des "convictions profondes", 67% qu'il est "populiste" et 65% qu'il est "courageux". En revanche, ils ne sont que 45% à le trouver "compétent", 43% le pensent même "dangereux" et 37% "sectaire".

Quant au référendum soumettant aux Grecs le projet d'accord entre leur gouvernement et les créanciers européens, 78% des sondés (contre 21%) pensent qu'il "va permettre au peuple grec de prendre une décision démocratique sur son avenir dans la zone euro", 69% (contre 29%) qu'il va créer "une incertitude économique" aux "conséquences négatives sur les autres pays européens".

En revanche, 55% des personnes interrogées (contre 43%) ne pensent pas que "ce référendum va inévitablement conduire la Grèce à la sortie de la zone euro".

Sondage réalisé auprès d'un échantillon de 1001 Français représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus interrogés par Internet les 2 et 3 juillet 2015.

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Le référendum en Grèce s'ouvre face à une Europe crispée

ÉCONOMIE - La Grèce joue dimanche son avenir, et le sort du premier gouvernement de gauche radicale de l'UE, dans un référendum indécis qui sera aussi un oui ou non au fonctionnement actuel des institutions européennes.

Près de 10 millions d'électeurs grecs ont commencé à voter, après l'ouverture des bureaux à 07h00 heure locale (6h00, heure française). Les quatre derniers sondages publiés ne promettent un triomphe à personne: trois donnent l'avantage au oui, un au non, mais avec des avances respectives de 1,4 point au plus.

Le référendum arrive après cinq mois de discussions finalement infructueuses, d'Eurogroupes en urgence, de sommets exceptionnels, entre le gouvernement grec, formé fin janvier par la gauche radicale Syriza d'Alexis Tsipras et le parti de droite souverainiste ANEL, et les créanciers du pays, UE, FMI et BCE.

Ceux-ci ont accordé à la Grèce depuis 2010 240 milliards d'euros d'aide ou promesses de prêts, mais n'ont rien versé depuis près d'un an car le gouvernement refuse de consentir en échange à certaines réformes qu'il estime socialement trop difficiles.


Vers la fin de "l'ère Syriza" ?

Après un énième échec des discussions, Tsipras a annoncé en pleine nuit le 27 juin ce référendum qui pose dimanche une question d'autant plus alambiquée que la Grèce n'est plus sous aucun programme d'aide depuis le 30 au soir.

"Faut-il accepter le plan d'accord soumis par la Commission européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI) lors de l'Eurogroupe du 25 juin?". Les électeurs n'ont pu consulter ce plan financier, très technique, que sur des sites internet.

Initialement, le gouvernement Tsipras semblait espérer que, grâce à un non qui mettrait au moins la moitié des Grecs derrière lui, il pourrait simplement retourner plus fort à la négociation. Mais les créanciers ont préféré dramatiser le débat.

Certains espèrent sans doute, comme l'a reconnu le président du Parlement européen Martin Schulz, que la consultation donnera ainsi l'opportunité d'en finir avec "l'ère Syriza" et son risque de contagion contestataire à d'autres pays d'une UE parfois fragile.


Un accord lundi ?

Pour pousser au oui, ils présentent donc le non comme équivalant à une sortie de la Grèce de l'euro, auquel 74% des Grecs sont attachés, selon un sondage paru vendredi, contre 15% seulement qui reviendraient bien à la drachme.

Toute cette campagne éclair se déroule dans une drôle d’atmosphère: les Grecs apeurés ont retiré autant d'argent que possible le week-end dernier, au point que les banques ont été fermées une semaine, et que les retraits d'argent aux distributeurs sont limités en attendant à 60 euros par personne et par jour.

Or, ils thésaurisent cet argent, ralentissant encore l'économie, et désertant la plupart des magasins. Sauf ceux d'alimentation où ils ciblent en masse les féculents, pâtes ou lait condensé, vidant certains rayonnages.

Dans ce contexte financier tendu, le ministre des Finances Yanis Varoufakis a démenti en pleine nuit samedi, évoquant "une rumeur malveillante", un article du Financial Times mentionnant un projet de saisie de 30% des montants des comptes d'épargne supérieurs à 8.000 euros.

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samedi 4 juillet 2015

Les 6 leviers du violoncelliste virtuose Jérôme Pernoo pour ouvrir la musique classique à tout le monde

CULTURE - Jérôme Pernoo est un violoncelliste français au parcours exceptionnel. Il a joué dans les salles les plus prestigieuses du monde, du Carnegie Hall à New York à la Philarmonie de Berlin. Il a participé à des orchestres grandioses comme le Symphonique de Vienne ou le Chamber orchestra of Europe. Il s'est déplacé dans le monde entier et a enseigné au Royal College of music de Londres, puis a été nommé en 2007 au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris.

Mais après 20 ans de carrière, il convient que pour toucher les étoiles, mieux vaut s'éloigner de la lumière. "Je ne veux plus courir après la gloire, confie-t-il au HuffPost. J'ai envie de me concentrer sur un seul lieu pour faire les choses plus profondément, avec plus de possibilités de travail, en réunissant quelques musiciens autour de moi."

jerome pernoo music
Jérôme Pernoo photographié par Jean-Baptiste Millot


La salle Cortot lui ouvre alors grand les bras. Il la dirigera à partir de novembre prochain et créera à la place le Centre de musique de chambre de Paris. A la tête d'une salle de 400 places -c'est peu comparé aux salles de concert habituelles- Jérôme Pernoo espère tout de même voler dans les plumes du classique. Chez lui, on pourra venir écouter de la musique en tongs et sans cravate. Et la bourse presque vide. Le programme qu'il concocte s'adressera à tout amateur de musique.

"Ce qui empêche les gens de venir écouter de la musique classique, c'est l'étiquette, explique le violoncelliste. Au XXe siècle, l'art a été scindé entre le savant et le populaire, selon des codes tout à fait réfutables. Aujourd'hui, notre défi sera de réussir à 'décoller l'étiquette' sans pour autant nous corrompre ou faire croire à autre chose. Nous ne sommes pas là pour appâter le client, mais pour lui offrir une musique débarrassée de tout protocole.

Voilà une vingtaine d'années que le musicien mûrit ce projet. "J'ai expérimenté toutes sortes de choses dans différents projets, comme le festival de musique de chambre de la Roche-Posay, qui s'appelle Les vacances de Monsieur Haydn. Je vais reprendre ce qui a bien marché et inventer d'autres choses encore."

Voici les 6 leviers qu'il entend actionner dès novembre 2015 pour bousculer le monde du classique.

• Des prix accessibles


La plupart des concerts seront accessibles à partir de 5 euros la place. Pas besoin de réserver. Comme au cinéma, on pourra se présenter au guichet à la dernière minute.

• On applaudit quand on veut


La bienséance dans les concerts de musique classique veut qu'on n'applaudisse pas entre deux mouvements. Celui qui s'y risque sera rappelé à l'ordre par le silence consterné entourant son applaudissement. Chez Jérôme Pernoo, on applaudit quand on veut. "Ce n'est qu'au début du XXe siècle que l'on a ringardisé les applaudissements dans les concerts et qu'on a muséifié la musique classique, note le violoncelliste, avant cette époque, chacun applaudissait quand il le souhaitait. C'est la manifestation d'un plaisir ressenti à l'écoute d'un morceau de musique. Il est le prolongement de l'émotion, alors laissons-le s'exprimer." Jérôme Pernoo entend faire passer le mot en l'écrivant dans le programme. Et ceux qui connaissent déjà le festival du violoncelliste, Les vacances de Monsieur Haydn, savent que plus les applaudissements sont fournis, plus grand sera le sourire des musiciens.

• Des concerts courts


La soirée au Centre de musique de chambre se répartira comme suit : un premier concert d'une demi-heure, un second d'une heure. Et pendant l'entracte, les musiciens seront invités à se mélanger aux spectateurs, et mettront en scène de manière spontanée, s'ils en ont envie, des mini concerts improvisés de 10 minutes pour découvrir une nouvelle oeuvre qui vient d'être composée. Ce sera le compositeur lui-même qui jouera l'oeuvre en question. Si le morceau plait au spectateur, il pourra participer à un crowdfunding et commander une nouvelle oeuvre pour l'année d'après. Ainsi, le public est amené à devenir mécène, producteur et programmateur. A s'approprier la musique en quelque sorte.

• Des rendez-vous surprise


"Nous souhaitons éviter d'avoir à nous préparer deux ans à l'avance, avec un programme préétabli, explique Jérôme Pernoo. Nous allons créer des rendez-vous surprise, des concerts dans le noir. Dans le Centre de musique de chambre, nous allons bénéficier d'une accoustique parfaite, et pouvoir faire revivre des concerts mythiques, ceux qu'on ne peut plus écouter. Nous allons remastériser les enregistrements afin de développer l'écoute et aller loin dans la perception du son et de l'émotion.

• Des brunchs chantants


Le dimanche, le Centre organisera des "Bach and breakfast". A 10h30, les musiciens viendront avec du café, des croissants et des partitions. Le chef de chant apprendra au public un choral de Bach qu'il récitera à la fin du concert dans la salle de spectacle. Tout le public sera invité à chanter et les paroles seront affichées sur le fond de la scène à la manière d'un karaoké.

• De vraies histoires


Les programmes que Pernoo entend afficher raconteront une histoire, celle de l'oeuvre, pas de l'interprète. "Je crée une troupe d'une dizaine de jeunes musiciens, et je les mets en scène comme s'ils étaient des comédiens. Le spectacle qui me tient à coeur, c'est celui qui raconte une oeuvre de Tchaïkowsky, Souvenirs de Florence pour six instruments à corde. Pendant le concert, nous allons raconter cette histoire incroyable de sa mécène qui lui a donné beaucoup d'argent pendant une trentaine d'années mais qui n'a jamais souhaité qu'ils se rencontrent. Ils avaient établi une relation musicale et épistolaire très intime. Elle allait à ses concerts mais ne se présentait jamais, l'invitait dans ses résidences lorsqu'elle n'y était pas. Avec des extraits de lettres et les mélodies composées en réponse, nous allons rentrer dans cette histoire.

Jérôme Pernoo, après avoir été une vedette de la musique classique, veut redevenir un artisan, pour revenir à l'essentiel : transmettre. "Une oeuvre d'art augmente notre regard sur le monde, dit-il au HuffPost. L'art permet de transmettre ce que l'Homme a de meilleur, pour créer de la beauté, pour montrer comment il voit le monde. Aujourd'hui, je regarde le ciel différemment depuis que j'ai vu les oeuvres du peintre Vinardel. Et depuis que j'ai lu Julien Gracq, je ne vois plus la forêt de la même manière."

Le musicien aimerait s'adresser à notre matrice: nous sommes faits d'émotions, nous autoriserons-nous à les retrouver, à les exprimer? En musique, s'il vous plaît.

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Référendum grec: cette carte suffit pour comprendre les arguments de campagne du "oui" et du "non"

REFERENDUM - Ce dimanche 5 juillet, les citoyens grecs sont appelés à participer au référendum proposé par leur gouvernement. A priori, la question est simple. Sont-ils, oui ou non, favorables aux conditions du plan d'aide défini par leurs créanciers? Sauf que dans un référendum, la manière dont est posée la question n'est jamais innocente. Démonstration.

Dans la logique du gouvernement d'Alexis Tspras, la question posée est celle de savoir si les Grecs approuvent un programme de réformes proposés, si ce n'est imposé, par l'Europe de Bruxelles, la BCE et le FMI. Bref, des institutions perçues comme technocratiques, complexes, loin de leurs préoccupations et de leurs problèmes quotidiens. Comme le premier ministre grec l'a dit lors de son allocution télévisée du 1er juillet: voter "non signifie mettre la pression pour un meilleur accord." Oui à l'Europe, mais pas n'importe laquelle.

Voir aussi: La Grèce n'a pas remboursé le FMI. Mais est-elle pour autant en défaut de paiement?

Au contraire, l'Allemagne a aussitôt cherché à faire de ce scrutin un référendum d'adhésion. "L'avenir de l'Europe n'a pas en jeu", a-t-elle déclaré le 1er juillet. Sous entendu, la place des Grecs dans l'Europe est le véritable enjeu. La presse allemande a très bien saisi le message. L'hebdomadaire Die Zeit fait campagne dans ce sens cette semaine avec la publication d'une tribune en grec et allemand intitulez "Restez parmi nous".

Ces deux rhétoriques n'ont pas été choisies à la légère. Un coup d'oeil aux principaux référendums en Europe depuis le début des années 2000 montre qu'Alexis Tsipras et Angela Merkel ont bien retenu les leçons du passé:

Suite de l'article après la carte.

Cliquez sur les icônes pour plus d'infos.

Légende: victoire du "non" en rouge et du "oui" en violet pour les pays adhérents ; en jaune, vote en faveur de l'adhésion à l'Union.




Verdict: les pays adhérents ont tendance à voter "non" quand ils sont sollicités sur des questions importantes. Le Danemark et la Suède ont refusé la monnaie unique en 2000 et 2003, l'Irlande a dit non aux Traités de Nice et de Lisbonne en 2001 et 2008, et la France et la Hollande au Traité constitutionnel en 2005.

Quand il s'agit de modifier leurs lois, leur constitution, leur monnaie, bref leur manière de vivre en société, les Européens sont rarement motivés pour suivre les plans de Bruxelles. Seuls l'Espagne et le Luxembourg ont remporté de vrais succès électoraux dans ce domaine en 2005. Deux autres "oui" ont gagné, mais sur des questions de moindre importance. En 2012, l'Irlande a approuvé le pacte budgétaire européen, et le Danemark a voté en 2014 en faveur de l'adhésion à la juridiction unifiée du brevet.

Si ses adhérents font la fine bouche, l'Union européenne fait un carton à l'extérieur. En 2003, neuf pays se sont prononcés sur leur adhésion, tous ont dit oui, parfois avec des scores spectaculaires (91,1% en Lituanie, 92,5% en Slovaquie).

En 2015, la Grèce est à l'image de l'Europe de ces 15 dernières années. Les premiers sondages montrent un peuple tenté de dire non à Bruxelles, mais qui reste profondément attaché à l'euro et l'Europe. On saura dimanche qui d'Alexis Tsipras ou d'Angela Merkel a le mieux fait valoir ses arguments.



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L'homme qui aide Hollywood à rester sobre

jon paul lead




Il y a deux ans Jon Paul Crimi ne parlait de sa carrière et de sa clientèle à personne. Le secret primait avant tout.

Il a une expérience de 20 ans comme prof de gym et il a été acteur - pourtant à présent, lorsqu'il reçoit un coup de fil et se retrouve dans un avion deux heures plus tard qui le mène sur un plateau de tournage, il n'y va pas pour jouer. Crimi est désormais un coach de sobriété professionnel qui travaille pour l'élite de Hollywood et d'autres personnalités qui luttent contre l'addiction à l'alcool et à la drogue.

Cela fait 15 ans qu'il est sobre lui-même.

“Les meilleurs coachs de sobriété sont ceux qui ont lutté longtemps pour atteindre un niveau de sobriété élevé," explique-t-il au Huffington Post américain lors d'une interview à Los Angeles. "Se retrouver plus bas que terre, vivre des chose dures engendre une expérience inégalable que l'on peut mettre au service d'autrui.”

Crimi mesure 1m80, il se maintient en forme et a les yeux si bleus que l'on croit qu'il porte des lentilles de couleur. Eh bien non. Crimi se tient droit, se sent bien dans son corps et a ce genre de sourire gravé dans le marbre qui inspire confiance et est exempt d'arrogance.
Mais la première chose que l'on remarque chez lui c'est qu'il n'a ni sourcils, ni cils, ni cheveux, ce qui est dû à une alopécie tardive. Son accent de Boston se fait entendre parfois – particulièrement lorsqu'il se moque de lui-même – ce qui arrive souvent. “Je me suis fait virer des l'école catholique. J'avais un trouble d'apprentissage qui s'appelait ‘Va te faire foutre,’” dit-il en plaisantant, ajoutant qu'il ne pouvait pas rester assis à l'école où il s'est toujours senti mal à l'aise.

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Crimi lors de son enfance.

“Ce qui pousse à boire demeure un mystère. Est-ce héréditaire? Est-ce quelque chose d'inné et de naturel? Les deux, je crois”, dit-il. “Pour blaguer je dis que je suis Irlandais, Italien et Écossais. Ce qui veut dire que j'aime beaucoup boire, ensuite je n'ai pas envie de payer l'addition puis j'ai envie de me battre. En plus je suis de Boston, ce qui en dit long.”

Crimi a grandi dans un quartier agité. Il se faisait souvent agressé et il s'est même fait poignarder un jour. Quand il repense à cette période, il hallucine car tout cela ne le faisait pas du tout paniquer. Le coup de couteau c'était du sérieux – il a eu 41 points de suture à la tête et a failli mourir d'une hémorragie. Crimi, qui avait 19 ans, s'est rendu à une soirée le jour d'après, avec sa tête enveloppée dans un pansement.
“Quelqu'un a dit, ‘T'as pas pris un coup de couteau hier soir ?’ Et moi j'ai rétorqué, ‘Ouais. Et toi qu'est-ce tu deviens ?’”

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Crimi avec des amis au début de ses 20 ans.

La drogue et l'alcool lui ont pris beaucoup d'amis dans sa jeunesse. Six au total. “Overdoses, suicide, accidents de voiture. C'était très dur,” dit-il. Les gens autour de lui ne parlaient pas trop de ce qu'ils ressentaient. Il lui est arrivé de conduire deux fois en état d'ivresse. Mais s'est arrivé quatre fois à son meilleur ami. “On appelle ça la mauvaise compagnie. On cherche des gens qui sont pires que nous. Comme ça on évite de s'occuper de soi,” dit-il.

Crimi dit qu'il ne savait pas comment surpasser tout ce qu'il a vécu. “Je n'avais pas les outils pour arranger ça. Mon seul outil c'était la boisson. Si je me sentais mal, je buvais ou me droguais,” ajoute-t-il.

Avant de devenir coach de sobriété – avant même de devenir sobre – Crimi s'est installé à Los Angeles avec le rêve hollywoodien en tête. Il a eu une bourse pour suivre une formation d'acteur de trois ans. Mais en commençant son apprentissage, qui peut être épuisant moralement, le traumatisme de son enfance a refait surface – et ses cheveux en ont fait les frais.

“Il y avait une scène où quelqu'un me donnait un coup de couteau et j'ai eu un blocage. C'était une très mauvaise idée de traiter de tout ça dans une formation d'acteur.”

Il a remarqué une calvitie naissante sur sa tête, et il perdait aussi ses poils sur les bras et les jambes. Son docteur lui a dit que la perte de cheveux était due au stress et au traumatisme. On lui a injecté de fortes doses de stéroïdes dans les sourcils et la tête – parfois 75 ou 100 à la suite – ce qui était terriblement douloureux. Il s'est mis à prendre de la vicodin pour apaiser la douleur.

“J'avais 23 ans et toute la vie devant moi. J'essayais d'être un acteur et mon apparence physique était cruciale à mes yeux. Pourtant tout cela me filait entre les doigts,” dit-il.

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Portrait de Crimi, acteur.

Pour subvenir à ses besoins pendant sa formation d'acteur, Crimi entraînait des clients et manageait les ventes à la Gold’s Gym de Venice Beach – un lieu célèbre pour les bodybuilders du monde entier. Il était compétent dans ce métier et il s'est mis à s'occuper des clients prestigieux d'Hollywood. Ces derniers l'ont aidé à passer plus d'auditions.

Mais les fortes doses de stéroïdes lui ont fait prendre du poids et de l'embonpoint. “J'étais un entraîneur gros qui essayait d'être acteur, avec le crâne à moitié dégarni , les sourcils dessinés, et j'allais aux castings. Je me gavais de vicodin à longueur de journée et je buvais toute le nuit.”

Son business prenait de l'ampleur, mais lui il ne ressemblait plus à rien.

Crimi était en quête de sobriété, mais ne franchissait jamais réellement le pas. “Je tenais vingt jours sans boire ni me droguer et je me sentais tellement mal que j'avais le sentiment de me desquamer totalement. C'était douloureux,” dit-il en parlant de sa vie à 25 ans.

“L'alcool et la drogue ne sont pas le problème. C'est moi le problème. L'alcool et la drogue sont ma solution au problème – c'est mon sentiment lorsque je me sens vide au-dedans. Tant que tu règles pas ça, tu tournes en rond,” dit-il.

Il a consulté une psy pour la première fois et elle lui a conseillé de suivre un programme de rétablissement en 12 étapes. Crimi a pris ça à la légère et a essayé encore plus fort d'être sobre par lui-même. Ça a duré quelques mois puis ça a totalement foiré.

“J'ai touché le fond. J'ai perdu un autre ami très proche et me suis gravement cuité, fonçant en voiture sur les passerelles des canaux de Venice, totalement bourré. Le lendemain mon colocataire strip-teaseur m'a dit d'aller voir un psy.”

Il a suivi son conseil. Lorsqu'il est arrivé à sa première séance du programme en 12 étapes, il a réalisé qu'il avait eu tort. Il était entouré de jeunes gens talentueux qui disait ouvertement ce que lui il avait toujours ressenti dans son for intérieur mais n'avait jamais réussi à exprimer.

“Ça m'a complètement chamboulé. Je me suis dit, ‘Ouah. C'est ça qui cloche chez moi. Je suis alcoolique.’ Ce fut une période très dure. Mais en même temps j'étais conscient que je me trouvais au bon endroit pour la première fois de ma vie.”

Crimi est très ému lorsqu'il évoque cette période, même 15 ans plus tard. Il a les larmes aux yeux et le contour de ses yeux sans cils devient tout rouge. Mais on sent qu'il est très reconnaissant d'en être sorti et arrivé là où il en est aujourd'hui.

“Si tu es prêt à demander de l'aide, les gens s'occuperont de toi,” dit-il.

Il a passé toutes les étapes, épaulé par une forte communauté de gens. Imprudent, il a continué de travailler pendant sa cure de désintoxication. “Ce qui n'est pas une bonne idée” reconnaît-il . “J'ai donné un coup de tête à un collègue mais ils ont été tolérants. Le type a été sympa, ne m'a pas fait virer et m'a laissé entraîner ma clientèle.”

Il a construit son business autour de son rétablissement. La sobriété est devenue plus importante que ses clients et plus importante que l'argent. Il estime que c'est la plus grosse erreur que font les gens aujourd'hui.

“Tu deviens sobre, tu te mets au boulot, tu trouves une copine et le tour est joué, ‘Oh, je vais bien maintenant.’ On dit que tout ce que tu mets en travers du chemin de ton rétablissement te fera rechuter.”

Les coaches de sobriété, qu'on surnomme aussi compagnons de sobriété, ont débuté dans l'industrie du rock and roll. Feu Bob Timmins est considéré comme le premier compagnon de sobriété et a été décrit dans la page nécrologique du Los Angeles Times comme un “titan dans le monde du rétablissement”, particulièrement pour les musiciens du rock devenus célèbres dans les années 1990.

Crimi connaissait personnellement Timmins et attribue la naissance de l'industrie à une combinaison de facteurs. “Les gens voulaient faire carrière et jouer leur musique, mais être tout le temps sur la route est le pire endroit pour un alcoolique ou un drogué.” dit Crimi. “Il y a trop de tentations et ils avaient besoin de quelqu'un à leur côté pour les soutenir.”

Crimi a lui aussi commencé dans l'industrie musicale. Mais après quelques années de tournées aux quatre coins du monde, qui ont d'ailleurs purgé son fantasme sur les rock star, Crimi s'est mis à travailler avec les acteurs. Ce business c'est une course contre la montre : lorsqu'il reçoit un appel pour une mission, on attend de lui qu'il soit déjà prêt et qu'il arrive immédiatement.

La plupart de ses missions de coaching de sobriété ont lieu 24 heures sur 24. Il vit avec le client sur le tournage, ils mangent ensemble, font des exercices ensemble et ils dorment dans la même chambre parfois.

Mais la plupart du temps personne ne sait qui est Crimi. “Je suis l'entraîneur. Je suis l'assistant, je suis le prof de méditation ou je suis le garde du corps. J'ai joué tous les rôles.”

Ça se complique quand le client ne veut pas que Crimi soit là. Souvent, il est embauché par le biais d'une clause de prévoyance de la police d'assurance du film. Des gens ont essayé de le semer à la douane d'un aéroport, d'autres l'agressent verbalement ou physiquement.

Il est le premier à dire qu'il ne peut pas forcer les clients à se sevrer. Mais il peut les aider à réorienter leur concentration en les faisant sortir de la pièce pour aller marcher ou les emmener à une réunion. Il est là pour les soutenir. Il peut les aider au travers d'un exercice de méditation ou de la rédaction d'une liste de gratitude. Son expérience en gym aide aussi. Faire de l'exercice joue un rôle crucial dans le rétablissement.

“On peut interrompre le mal. Même si quelqu'un boit ou se drogue, on peut l'aider. On dit même qu'il est bon de laisser les gens toucher le fond," dit Crimi. "Mais j'ai vu des gens qui ne voulaient pas être sobres mais le sont devenus car ils avaient quelqu'un à leur côté qui les soutenait, qui leur parlait à l'oreille.”

Le mentor de Crimi depuis 15 ans, Irwin Feinberg, l'a encore mieux exprimé. “Jon Paul a travaillé avec beaucoup de personnes que d'autres personnes avaient abandonné. C'est lui qui a permis leur rétablissement,” a-t-il dit au HuffPost. “Mais tout cela a été possible car il a sauté à pieds joints dans son propre rétablissement.”

Une partie du travail de Crimi c'est d’œuvrer au-delà des lieux de rééducation. “C'est une bulle de confort,” dit-il. “Après les gens rentrent chez eux et le détonateur qui les a poussé à boire ou se droguer auparavant refait surface. Il s'agit de les aider dans leur environnement et aussi de les aider à re-créer leur vie.”

Bon nombre de ses clients ont bu et se sont drogués pendant une grande partie de leur vie. Ils ne savent pas comment faire pour être sobre. Ils ne savent pas comment gérer Noël ou le Nouvel an pour rester sobre. Ils ne savent pas comment gérer la mort d'un membre de la famille. Crimi les aide à mettre en pratique leurs nouvelles habitudes.

Mais l'outil qui a été le plus puissant pour son propre rétablissement et ce qu'il travaille le plus avec ses clients, c'est le soutien qu'il apporte à autrui. C'est pour ça que lorsqu'il est devenu sobre, il a participé au programme de Big Brother et est devenu un mentor.

“J'avais vraiment une mauvaise estime de moi. Ce fut mon premier acte valable. Ça vous construit. Lorsque j'aide quelqu'un qui traverse une mauvaise passe, je ne peux pas être dans mon problème. Vous vous sentirez meilleur si vous agissez vite ainsi,” dit-il.

John Hanney a travaillé avec Crimi ces neuf dernières années et dit que sa vie a été re-créée grâce à leur relation. Au téléphone Hanney a dit au HuffPost : “J'étais sans doute un des pires cas qu'on ait jamais vu.” Ça faisait 17 ans qu'il essayait d'être sobre.

“Jon Paul m'a aidé à soigner ma maladie au jour le jour. Je lui faisais confiance et j'arrivais à lui confier mes secrets les plus sombres et profonds. Ça a pris du temps mais il m'a inspiré confiance”.

De nombreux coachs de sobriété n'ont pas de famille. Le style de vie imprévisible et le fait qu'à tout moment vous pouvez être appelé à partir plusieurs semaines ou mois n'est pas vraiment propice à la construction d'une vie de couple.

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Crimi avec sa fille, Mika.

Pourtant Crimi est une exception. Il est marié depuis six ans et a une fille de deux ans. Il est de moins en moins sur la route, et monte une société pour entraîner des coachs de sobriété à accomplir les missions pour lesquelles il faut se rendre ailleurs, il peut ainsi avoir une vie de famille. Être père a instauré une nouvelle liste de défis pour lui.

“Je m'inquiète concernant les gènes. Vais-je transmettre cela à ma fille ? Je la vois tourner et tournoyer en rond et je me dis : ‘Oh mon Dieu, elle essaie de se défoncer !’”

Sa femme, Nomi, lui dit que c'est juste un truc de gosse. “Ma femme ne se drogue pas. C'est une personne totalement normale. Elle me permet d'être calme.”

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Crimi et sa femme, Nomi.

En dehors de son ancrage familial, la source de force la plus profonde de Crimi vient de la transmission. C'est ça qui le lie le plus fortement à un sens de spiritualité. “Depuis longtemps maintenant ma spiritualité n'est autre qu'aider les gens. Je ne connais rien de plus spirituel que d'aider quelqu'un et de ne rien attendre en retour,” dit-il. Être vulnérable et laisser les clients voir qui il est vraiment peut être un outil puissant.

“C'est pour ça que le gens se sentent à l'aise avec moi. Lorsque vous ouvrez votre cœur à quelqu'un, ça se voit. Un lien se crée entre vous. C'est ça la spiritualité pour moi. C'est Dieu. C'est l'amour. Et venant de la bouche d'un type dur, originaire de la Côte Est, c'est miraculeux.”



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VIDÉO. Elle s'arrache une dent en tirant à l'arc

INSOLITE - Cette jeune Américaine voulait sans doute pimenter son arrachage de dent. Alors plutôt que de la décrocher à la main, celle-ci a opté pour une méthode forte: le tir à l'arc. Ni plus, ni moins.

Dans la vidéo en haut de l'article, on peut voir la fille de 11 ans décocher une flèche dans le jardin familial, dont une ficelle est reliée à la dent en question. Cette dernière se décroche spectaculairement comme on peut l'observer grâce au ralenti utilisé sur les images.

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from Le Huffington Post http://huff.to/1fcM423

Nadine Morano répond à Bruno Gaccio, qui avait publié un SMS vengeur sur la fin des "Guignols"

MÉDIAS - Nadine Morano ne fait pas partie des politiques qui se mobilisent pour sauver "Les Guignols". La députée européenne n'a jamais caché son désamour pour sa marionnette dans l'émission satirique, gouailleuse, vulgaire et illettrée. Alors, à l'annonce de la possible fin du programme, l'eurodéputée a plutôt envoyé un SMS à Bruno Gaccio pour lui dire "a tchao".

"'Les Guignols' c'était bien quand c'était toi, a écrit Nadine Morano à l'humoriste en parlant déjà du programme au passé. Ma marionnette n'était pas une caricature mais une créature pour me nuire. D'ailleurs plus personne ne regardait. A tchao et au plaisir de ne plus m'y voir!"

Bruno Gaccio ne s'est pas contenté de répondre sèchement à ce texto, l'ancien chef de file des "Guignols" a également publié l'échange sur Twitter jeudi soir.




Samedi après-midi, l'ancienne ministre de l'Apprentissage a répondu à Bruno Gaccio, via Twitter, clôturant –pour le moment– l'échange:




Nadine Morano rappelle qu'elle a un bac+5

Jeudi, dans L'Opinion, Nadine Morano déclarait déjà son plaisir de voir sa marionnette disparaître.

"Ils m’ont présentée comme une illettrée alors que j’avais un bac+5, j’étais ministre, je suivais mes dossiers. Cela a fait souffrir mes proches, c’était de la méchanceté pure. Je leur dis: Ad’taleur! Au plaisir de ne plus m’y voir!", a-t-elle commenté.

En septembre 2014, Nadine Morano avait affiché son mécontentement sur Twitter après un sketch autour du film Lucy de Luc Besson. Elle y était présentée comme une femme "utilisant moins de 1% de ses capacités cérébrales" et cela ne lui avait guère plu:






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from Le Huffington Post http://huff.to/1IBcjdx

VIDEO: Ward pumps up crowd with intense rally

James Ward wins a scintillating 30-shot rally against Vasek Pospisil at Wimbledon.

from BBC Sport - Sport http://bbc.in/1CauAgz

Hazlewood spearheads Australia win

Australia fast bowler Josh Hazlewood strengthens his claims for a Test spot with four wickets in the tour win over Essex.

from BBC Sport - Sport http://bbc.in/1CasFsr

VIDEO: Tsonga apology for on-court 'boo-boo'

Jo-Wilfried Tsonga apologises to the crowd after playing a poor shot in his third round match against Ivo Karlovic.

from BBC Sport - Sport http://bbc.in/1H6nN6v

PHOTOS. Canal Saint-Martin : un Tumblr épingle les apéros "dégueulasses" de Parisiens

PARIS - Qui dit canicule dit apéros en plein air. Et qui dit apéros en plein air dit détritus qui vont avec. Sauf qu'au lieu de les jeter dans les poubelles, certains Parisiens préfèrent les envoyer directement à l'eau.

Repéré par nos confrères de FTVi samedi, un Tumblr épingle les apéros "dégueulasses" de Parisiens le long du célèbre canal Saint-Martin dans les 10e et 11e arrondissements.

Bouteilles de bière, paquets de chips, sacs plastiques... regardez ci-dessous ces clichés polluants peu valorisants pour l'image de la capitale:

http://bit.ly/1GXriZQ


http://bit.ly/1LKuK0v


http://bit.ly/1LKuK0w


http://bit.ly/1LKuJcO


http://bit.ly/1LKuKgN


http://bit.ly/1LKuJcP


http://bit.ly/1LKuKgO


http://bit.ly/1LKuJcU


http://bit.ly/1LKuKgP


http://bit.ly/1LKuJcZ


http://bit.ly/1GXriZZ


http://bit.ly/1GXrgBf


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from Le Huffington Post http://huff.to/1GXrgBj

Dennis in yellow with record speed



from BBC Sport - Sport http://bbc.in/1UlSlIs

Podolski in £1.8m Galatasaray deal

Striker Lukas Podolski joins Galatasaray from Arsenal on a three-year deal for an initial fee of £1.8m.

from BBC Sport - Sport http://bbc.in/1esfx77

VIDEO: 'Special' home pole delights Hamilton

Mercedes driver Lewis Hamilton says it "does not get any better" than taking pole at Silverstone in front of his home crowd.

from BBC Sport - Sport http://bbc.in/1esfx73

VIDEO: Hamilton storms to pole at British GP

Lewis Hamilton beats team-mate Nico Rosberg in an all-Mercedes battle for pole position at the British Grand Prix.

from BBC Sport - Sport http://bbc.in/1GWN5Ss

Golden Horn wins Eclipse for Dettori

Derby winner Golden Horn, ridden by Frankie Dettori, triumphs in the Coral-Eclipse Stakes at Sandown from The Grey Gatsby.

from BBC Sport - Sport http://bbc.in/1fb02kN

Franklin takes World Cup slalom gold

Britain's Mallory Franklin wins her third World Cup slalom gold after an appeal following the final in Slovakia.

from BBC Sport - Sport http://bbc.in/1H6e8wR

PHOTOS. Festival d'Avignon 2015: pourquoi tout le monde veut voir du Shakespeare

THÉÂTRE - Les trois coups d'Avignon ont été donnés samedi 4 juillet. Le programme chargé de cette 69e édition s'ouvre notamment sur une représentation du Roi Lear, signée William Shakespeare, mise en scène par le directeur du festival, Olivier Py. Et ce n'est pas la seule pièce du dramaturge britannique à être donnée cette année dans la cité des Papes.

Autre moment fort annoncé du festival, le Richard III de "l'enfant terrible" du théâtre allemand, Thomas Ostermeier qui avait déjà séduit Avignon avec un Hamlet punk en 2008. Quant au metteur en scène portugais Tiago Rodrigues, il offre de son côté une version sobre d'Antonio e Cleopatra.

Déjà disséminé dans la culture populaire -Joss Whedon, réalisateur des Avengers en est fan- Shakespeare n'aura jamais été aussi joué? Le HuffPost a demandé à Olivier Py pourquoi l'auteur parvenait encore à séduire et semblait omniprésent.

Retour aux sources

Le metteur en scène rappelle que le dramaturge est à l'origine même d'Avignon: "Quand Jean Vilar a voulu inventer un nouveau théâtre, il est parti de Shakespeare. La première année du festival, il monte Richard II dans la cour, une pièce qui n'avait jamais été montrée en France, et un texte contemporain de Maurice Clavel, La Terrasse de midi, qui est inspiré d'Hamlet."

L'ADN même du festival s'articule autour de l'auteur anglais. "Quand Vilar a voulu essayé d'en finir avec le théâtre bourgeois pour inventer un théâtre populaire, il s'est tourné vers Shakespeare parce que c'est un théâtre de tréteaux. Il y avait près de 2000 personnes au 'Globe' (le théâtre londonien où Shakespeare donnait ses pièces, ndlr), ce qui correspond à la capacité de la Cour d'honneur."

Une répétition du Roi Lear:
roi lear



Modernité

L'omniprésence du poète s'explique aussi par sa modernité qu'Olivier Py explique: "Vladimir Jankélévitch disait que philosopher, c'est méditer sur Shakespeare. Je crois que sa modernité vient de la conjonction de deux choses qui sont très rares ensemble."

"D'abord c'est un acteur et pas un universitaire. Il a appris par le théâtre. C'est aussi un très grand philosophe et un très grand penseur. Il a pensé avec l'outil théâtral. C'est en poussant le théâtre dans ses extrêmes et ses limites qu'il a produit une pensée aussi puissante que tous les plus grands philosophes."


Et de souligner que Le Roi Lear est aussi une pièce sur le XXe siècle. "C'est ma pièce préféré dans tout le répertoire théâtrale et une pièce profondément contemporaine. Il y a tout ce qui fait son œuvre. Je l'apprécie parce que je suis un enfant du XXe siècle, que je n'en finis pas de réfléchir sur le destin de l'Europe, sur cet effondrement des valeurs de l'humanisme, ces désastres successifs, cette incroyable et inimaginable violence du XXe siècle. Et c'est dans Le Roi Lear que je le comprends le mieux."

Monter un Shakespeare, c'est aussi un coup de projecteur garanti. Peut-on s'en passer à Avignon? En 2014, Thomas Jolly avait fait sensation avec son Henri VI de 18h et remporté le Molière de la mise en scène. "L'accueil du public pour cette pièce est une fierté", se rappelle Olivier Py. Cette année, c'est le Richard III de Thomas Ostermeier qui s'annonce "ébouriffant" avec Lars Eindiger dans le rôle titre, un acteur "sans équivalent".

Hamlet de Thomas Ostermeier en 2008
hamlet 2008



Polymorphe

Après Le Songe d'une nuit d'été, Othello, Hamlet et Mesure pour mesure, admirés à Paris ou Avignon, c'est la cinquième fois qu'Ostermeier s'attaque à Shakespeare. Sa version d'Hamlet punk, est à des années lumières de celle montée par Dan Jemmet à la Comédie Française dans un "club-house" anglais des années 70 avec retransmission des matchs d'Arsenal.

Bande-annonce de Richard III mis en scène par Thomas Ostermeier:



"En France, on n'en finit pas de réadapter Shakespeare parce qu'on le retraduit tout le temps, donc on trouve toujours quelque chose de neuf, dans ses textes", explique Olivier Py.

"Pour réinventer des nouvelles formes de théâtre, on en revient aussi à Shakespeare, c'est extraordinaire, c'est l'atelier même de la mise en scène. Shakespeare représente le monde. Il demande toujours l'impossible au théâtre donc il faut toujours inventer de nouvelles manières et il y en a d’extrêmement différentes bien évidemment."


"Tiago Rodrigues choisit de faire Antoine et Cléopatre avec deux acteurs et Ostermeier au contraire avec une très grande troupe donc ce n'est pas du tout comparable. Il y a des Shakespeare qui sont très retenus et d'autres qui sont dans l'excès et la folie. D'autres qui sont très contemporanéisés et très beau, d'autres pas du tout et ça peut être aussi très fort."

António e Cleópatra
avignon shakespeare



Pluri-disciplinaire

La chorégraphe belge Anne Teresa de Keersmaeker présentait en juin dernier au Théâtre de la Ville à Paris sa nouvelle création Golden Hours (As You Like It). Son pari? Faire entendre la langue shakespearienne grâce à la danse, transformant les mots et les rythmes du poème en mouvements et les danseurs en "corps pensants".

Si l'on peut retrouver du Shakespeare dans la danse, c'est surtout au cinéma qu'il s'épanouit. Le Macbeth du jeune réalisateur australien Justin Kurzel avec Michael Fassbender et Marion Cotillard était en compétition au dernier festival de Cannes. Il est reparti bredouille mais laisse entrevoir quelques scènes épiques (en salles le 4 novembre prochain).

Bande-annonce de Macbeth:



"L'œuvre de Shakespeare est devenue la mythologie du XXIe siècle. Quand on fait allusion à Hamlet, on pense mélancolie, introspection, folie, inceste, indécision et inhibition. Othello évoque la jalousie et le manque d'assurance; Macbeth, lui, la peur et l'ambition; Le Roi Lear, la bêtise, la sénilité et le regret.", racontent James R. Keller et Leslie Stratyner, auteurs d'Almost Shakespeare: reinventing his works for cinema and television.

En février dernier, on apprenait que Martin Scorsese allait marcher dans les pas d'Orson Welles et Roman Polanski, collaborant avec Kenneth Branagh, grand spécialiste du genre et réalisateur de Thor, pour adapter... Macbeth.

Olivier Py garde un oeil attentif sur l'œuvre de Shakespeare au 7e art. "J'ai par exemple beaucoup aimé Ran d'Akira Kurosawa (ndlr: dont l'intrigue s'inspire du Roi Lear) ou My Own Private Idaho de Gus Van Sant qui l'a écrit à partir d'Henri V. Il y a de très beaux films qui ont été faits à partir de Shakespeare et, quelques fois, des pièces entières."

"Je ne pense pas que la série Game of Thrones existerait aujourd'hui, s'il n'y avait pas eu Shakespeare", ajoute le directeur du festival. Quand je vois cette série, je vois un recopiage absolu de scènes Shakespeariennes. Tout le temps. La preuve qu'il y a là, les origines de tous les récits."


"N'oublions pas que Freud lui même pensait appeler son complexe, complexe d'Hamlet avant Œdipe. Ce qui prouve que Shakespeare est à la hauteur des auteurs tragiques grecs. Il les a même dépassés à mon avis", conclut Olivier Py.

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